Le cycle de projections a débuté jeudi 26/05 à Luc en Diois avec le film de Catherine Pozzo di Borgo "Les brebis font de la résistance". C'est dans une ambiance inter-générationnelle que ce film nous a amené à explorer la question de l'installation en agriculture.
La vingtaine de personne qui a assisté à la projection a été invité a s'exprimer, par "post-it", sur le sujet de la soirée. Après la projection, nous avons examiné ces petits papiers. Ce qu'évoque l'installation et la transmission des activités agricoles, c'est d'abord un "projet de vie", un "nouveau départ - mais aussi une "nécessité pour le territoire". Seulement, c'est un sujet qui fâche : "conflit familial", "héritage", "difficulté", "injustice", "loi du secret", "le bordel"... bref, "un vrai casse-tête".
Au cours de la soirée, les participants ont apporté leurs expérience et leur connaissance des enjeux fonciers. L'échange a donné lieu à une "mise au point" technique (rôle de la SAFER, statut du fermier, parcours à l'installation), puis a pris un tour plus personnel (question de l'héritage, de la recherche de foncier, des difficultés d'une installation "hors cadre familiale").
La réflexion s'est portée sur la différence de nature entre des installations familiales et des installation "hors-cadre familial". Les expériences de chacun ont participé à une compréhension des deux problématiques : Les personnes reprenant une ferme familiale héritent d'un patrimoine facilitant l'accès au crédit bancaire ainsi qu'à l'environnement social de l'exploitation. La transmission d'une ferme dans un cadre familial est aussi potentiellement un espace de conflit et de tabou auquel échappent les agriculteurs qui s'installant hors-cadre familial. Ces derniers, en revanche, ont d'autres difficultés à surmonter, et pas des moindres : trouver des terres et de l'argent pour créer leur exploitation, réaliser les investissements nécessaires, se faire une place sur le territoire...
Dans la foulée, la question de la propriété privée de la terre a finalement retenu l'attention. En effet, la terre est avant tout vue comme un "patrimoine", à vendre au moment du départ à la retraite... ou en cas de nécessité. Et quoi de plus normal que de vendre au plus offrant, par exemple à un riche ménage qui désire disposer d'une résidence secondaire ? La propriété privée de la terre génère le risque de privilégier l'intérêt particulier au détriment de l'intérêt collectif. Mais est-ce une fatalité ? Comment sécuriser le foncier agricole lorsqu'il part à la vente ? Comment convaincre les vendeurs de privilégier une installation ? Quelles sont les alternatives à la propriété privée (propriété collective, fermes communales...) ?
Notre invité, Robert Delage, nous a éclairé en nourrissant les échanges de son expérience de professionnel agricole et maire de Saint Dizier. Il a également expliqué son implication dans l'installation de deux couples d'agriculteurs sur sa commune, avec l'appui de Terre de Liens.
Le film "Les brebis font de la résistance" sera re-projeté à St Julien en Quint, le 16 juin à 20h30.
Le film "Les brebis font de la résistance" sera re-projeté à St Julien en Quint, le 16 juin à 20h30.
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