Cycle de projections-débats dans le Diois

***Rendez-vous Jeudi 26 avril à Pontaix - Drôme (entre Vercheny et Die) ***

mercredi 22 juin 2011

Vous avez dit autonomie ?


Deuxième projection, deuxième univers, deuxième problématique. Mardi 31 mai, à Saint Dizier en Diois, une trentaine de personnes se sont déplacées pour assister à la projection de "Herbe", et aborder la problématique de l'organisation des filières agricoles. Hervé Mucke, directeur de la coopérative Terre Dioise, était présent en qualité de Personne Ressource.


"Herbe" se déroule dans une Bretagne qui n'a pas grand chose en commun avec le Diois. Cependant, en comparant deux modes de production opposés, il pose bien la problématique qui nous intéresse ce soir : la question de l'autonomie en agriculture. Autonomie, le mot est vaste : il renvoie à la fois à la question des modes de production (investissements, intrants), à la question des débouchés (circuits courts / filières organisées)... et à une approche plus large, qui concerne l'autonomie du territoire dans une économie de plus en plus ouvert.

Avec un public composé pour moitié d'éleveurs installés dans le Haut-Diois, l'échange porte rapidemment sur la question de l'autonomie des exploitations : peut-on être plus autonomes, considérant les handicaps naturels (faible production fourragère, faibles rendements en grande culture, petit bassin de consommation) ? Sur ce point, Hervé Mucke explique le rôle et les orientations de la coopérative Terres Dioises, qui se bat pour ne pas être rachetée par un grand groupe. Il évoque les positions de la coop sur quelques dossiers importants : Aliments du bétail Barnier, transformation des céréales bio, semences de ferme... 

Certaines voix rappellent que le modèle économique et réglementaire est conçu pour l'agriculture de plaine, pas pour l'agriculture de montagne (primes PAC, normes sanitaires). Les techniciens, par exemple, ont du mal à accepter que l'installation sur des systèmes extensifs correspond à un choix de vie, avec des revenus volontairement modestes. Les participants soulignent que tout est fait pour que les producteurs entrent dans un processus d'intensification de la production. L'autonomie, c'est aussi la question de la qualité de vie, du temps disponible, de ne pas dépendre de facteurs extérieurs tels que l'endettement ou le cours des denrées agricoles... même si la performance, la « technicité » peut être vue comme un « challenge » que certains producteurs relèvent par goût.

La discussion aborde enfin la question des circuits-courts et de l'organisation de filières locales. Le modèle transformation/vente en directe est-il tenable à 100% ? Hervé Mucke donne l'exemple de la production céréalière, souvent utilisée en rotation, et soumis à des droits d'écrasement : il n'est pas imaginable que chacun transforme et vende du pain sur le marché local. La question se pose donc en terme d'organisation de filières locales... ou comment aller vers une solidarité de territoire basée sur des échanges locaux ? Le mot d'ordre, sur ce point, est le « décloisonnement des filières ».

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