Cycle de projections-débats dans le Diois

***Rendez-vous Jeudi 26 avril à Pontaix - Drôme (entre Vercheny et Die) ***

vendredi 1 juillet 2011

Une politique agricole, à quoi ça sert ?

Une politique agricole, à quoi ça sert ?... C'est le thème de l'échange qui a été proposé, jeudi 23 juin à Die, après la projection du film "Les ouvriers de la Terre", de Jean-Marie Barbe. Julie Portier, chargée de mission Agriculture Biovallée, était présente pour décrypter ce projet de territoire.

Le film "les ouvriers de la terre" parle avant tout de la condition (subie ou choisie) des ouvriers agricoles. En filigrane, il donne à voir une ruralité isolée, nostalgique  « qu'on ne voit pas, et qu'on ne veut pas voir ». Il touche aussi aux questions de précarité des journaliers et de l'agriculture familiale face aux transformations économiques qui touchent le secteur. Tout en lenteur et en suggestion, le film a interpellé la vingtaine de participants qui sont restés pour le débat.

Invités à s'exprimer en début de soirée, les participants avaient axé leurs commentaires sur la PAC et ses mauvais côtés : lourdeurs administratives, illisibilité, incitation à l'intensification, soutien des filières agro-industrielles... L'un des intérêts de la soirée a été de montrer que les politiques agricoles ne se résument pas à la PAC... et que les citoyens ont un rôle à jouer.

Julie Portier, de Biovallée présente les politiques des collectivités territoriales comme des « compensations » aux orientations productivistes de la PAC. Elle rappelle que l'agriculture est une compétence facultative des élus locaux. En ce qui concerne Biovallée, l'idée est de mettre des moyens politiques (financements, pédagogie) au service d'un développement durable. Les objectifs présentés sont quantitatifs : 50% de surfaces en Bio, 50% d'intrants en moins en conventionnel, 80% de Bio dans les cantines...
Ce qui soulève des remarques : Y a-t-il une vision d'avenir au delà de l'aspect « vitrine du développement durable » ? Ne risque-t-on pas d'oublier les agriculteurs dans ce programme (faute de communication et d'implication) ?

Au cours de la discussion, la notion d'autonomie alimentaire territoriale retient l'attention. Selon une étude récente, le territoire Biovallée est excédentaire sur toutes les productions : l'enjeu est surtout d'organiser les filières alimentaires 1/ pour consommer localement ce qui est produit localement; 2/ pour favoriser une exportation au bénéfice des producteurs. Un débat s'ouvre sur l'opportunité de vendre en supermarché. Plusieurs participants, paysans ou ex-paysans, témoignent des exigences décalées des supermarchés (livraison, prix, goûts standards) contradictoires avec fonctionnement d'une petite exploitation. L'approvisionnement des cantines est également abordé, notamment la nécessité d'éduquer les enfants au goût et à la qualité des aliments.

Enfin, les participants soulignent l'enjeu de recréer le lien entre agriculture et population – lien qui a été rompu par la PAC. Parmi les pistes soulignées, l'organisation des consommateurs, comme cela existe dans les pays anglo-saxons, mais aussi la participation aux commissions agricoles des collectivités, par le biais des Conseils Locaux de Développement.

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